Fosse de plantation en ville : volume et terre-pierre

Fosse de plantation d'arbre en ville : volume minimal, mélange terre-pierre, mise en œuvre et calcul des pierres, terre et camions.

16 min de lectureMis à jour le
05/11/2026
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Fosse de plantation en ville : volume et terre-pierre

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Fosse de plantation en ville : volume et terre-pierre
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    Prévoyez au moins 12 m³ de terre par grand arbre et 15 à 20 m³ en terre-pierre selon Bordeaux Métropole, sur 1,50 m de profondeur au plus. Sous trottoir, ce mélange de deux tiers de pierres anguleuses et d'un tiers de terre végétale porte la charge sans étouffer les racines.

    L'enjeu dépasse l'esthétique. Un arbre planté dans un trou de 2 ou 3 m³ de terre, sous un trottoir qui se tasse, épuise son volume de sol en quelques années : il dépérit, il faut l'abattre puis le replanter. La terre seule compactée par les piétons et les véhicules devient une barrière pour les racines. Le revêtement s'affaisse au-dessus de la fosse ou se soulève quand les racines remontent chercher de l'air. Une fosse mal dimensionnée coûte donc deux fois : le remplacement de l'arbre et la reprise de la voirie. À l'inverse, une fosse bien conçue se calcule dès le terrassement, avec ses volumes de pierres, de terre et de déblais.

    Quel volume de fosse pour un arbre en ville ?

    La fosse de plantation est le volume de sol préparé pour l'arbre. Elle ne se confond pas avec le trou de plantation, qui accueille seulement la motte. C'est la fosse qui nourrit l'arbre pendant des décennies.

    Les volumes minimaux des cahiers des charges

    Les collectivités fixent des minimums proches. Le cahier des prescriptions techniques de Bordeaux Métropole retient :

    • 12 m³ au moins pour un arbre de grand développement, avec 9 m² de surface au minimum ;
    • 9 m³ pour un arbre de développement moyen, sur 6 m² ;
    • 4 m³ pour un arbre de petit développement, sur 4 m².

    Ces volumes s'entendent en terre. En mélange terre-pierre, le même document demande de les multiplier par 1,5 à 2, car les pierres occupent une grande partie du volume. Il recommande aussi 15 à 20 m³ en terre-pierre pour un grand arbre ; appliqué à 12 m³, son coefficient donne 18 à 24 m³. Retenez la valeur fixée par le CCTP de votre marché. Les fiches de la Ville de Montpellier demandent 9 m³ en terre végétale ou 12 m³ en terre-pierre pour une fosse individuelle, avec une largeur minimale de 1,80 m.

    Profondeur : inutile de creuser plus

    Montpellier et Bordeaux limitent la fosse à 1,50 m de profondeur : au-delà, l'oxygène manque pour les racines et le volume creusé ne sert pas. Pour gagner du volume, élargissez la fosse plutôt que de l'approfondir.

    Fosse individuelle ou fosse continue

    Une fosse continue relie plusieurs arbres d'un alignement dans une même tranchée de sol fertile. Les racines disposent de plus d'eau, de nutriments et d'espace. Montpellier la privilégie et descend alors à 8 m³ par arbre en terre végétale, 12 m³ en terre-pierre. La fosse individuelle reste la solution quand les réseaux ou l'emprise disponible empêchent une tranchée continue.

    Avant de fixer l'implantation, faites vos DT-DICT et repérez les réseaux. La norme NF P98-332 (février 2005) encadre la cohabitation entre arbres et réseaux enterrés : Montpellier et Bordeaux retiennent 1,50 m entre le tronc et le réseau comme distance de référence.

    SolutionVolume minimal par arbreCirculation en surfacePoint de vigilanceVerdict
    Fosse individuelle en terre végétale9 m³ (Montpellier), 12 m³ pour un grand arbre (Bordeaux)Non : la terre se compacteVolume isolé, racines bloquées par le sol tassé autourSelon le site Espace vert sans piétinement
    Fosse individuelle en terre-pierre12 m³ (Montpellier), 15 à 20 m³ (Bordeaux)Oui : trottoir, stationnementDosage et serrage du mélangeAdapté Arbre isolé sous trottoir
    Fosse continue en terre végétale8 m³ (Montpellier)Non : toute circulation interdite après remplissageEmprise d'une bande plantéeAdapté Alignement en bande verte
    Fosse continue en terre-pierre12 m³ (Montpellier)OuiGros volumes de matériaux à approvisionnerAdapté Alignement sous voirie
    Ancienne fosse unitaire d'environ 2,5 m³Pratique décrite par Plante & CitéNonVolume de prospection très limitantDéconseillé Arbre à remplacer à moyen terme
    Sous un trottoir, la terre seule se tasse et étouffe les racines. Le squelette de pierres porte la charge, la terre logée entre elles nourrit l'arbre.

    Le mélange terre-pierre : principe et composition

    Le mélange terre-pierre répond à un conflit simple : la voirie veut un sol porteur et compacté, l'arbre veut un sol meuble. La ville d'Angers l'a mis au point avec le laboratoire des Ponts et Chaussées des Ponts-de-Cé et l'INRA d'Angers. Le principe : un squelette de pierres peu déformable, en continuité avec le corps de chaussée ou le trottoir, dont les vides sont remplis de terre végétale non compactée. Les pierres reprennent les charges, la terre reste aérée et les racines la colonisent.

    Pourquoi ne pas compacter simplement de la terre ? Parce que la densité apparente, c'est-à-dire la masse de sol sec par m³ en place, freine les racines au-delà d'environ 1,6 t/m³ (1,6 g/cm³) selon la synthèse de Plante & Cité sur les sols urbains. Une terre compactée pour porter un trottoir dépasse facilement ce seuil.

    Les pierres

    • Calibre : 40 à 120 mm à Montpellier, 40/90 à Angers, 60 à 120 mm dans le plan type de Lausanne. Un calibre resserré laisse plus de vides pour la terre.
    • Forme : des pierres concassées anguleuses, de taille homogène. Elles se bloquent entre elles et ménagent des interstices plus grands que des galets roulés.
    • Nature : Angers exige des pierres siliceuses et refuse toute pierre qui contient du calcaire actif.

    La terre et les proportions

    La terre est une terre végétale, c'est-à-dire la couche fertile et riche en matière organique d'un sol (voir la différence entre terre végétale et terre inerte). Au moment du mélange, elle doit être friable entre les doigts et non malléable. Pour les proportions, Montpellier demande 2 volumes de pierres pour 1 volume de terre. Angers donne 65 % de pierres et 35 % de terre amendée, comme le mélange de la rue des Rois présenté par la Ville de Genève en 2022. Le dosage exact dépend des matériaux : faites-le caler sur un échantillon validé par le maître d'œuvre.

    Mise en œuvre : de l'ouverture de la fosse à la plantation

    Le mélange terre-pierre ne pardonne pas l'improvisation. Les fiches de Montpellier, d'Angers et de Lausanne décrivent la même séquence.

    1. Ouvrez la fosse à la pelle équipée d'un godet à griffes, sur un sol sec ou ressuyé, 1 à 2 mois avant la plantation. Les griffes évitent de lisser et de compacter les parois, qui deviendraient une barrière pour les racines.
    2. Contrôlez les cotes et le fond avant de remblayer. Décompactez le fond sur au moins 10 cm, comme le prévoit le plan type de Lausanne.
    3. Fabriquez le mélange sur une plateforme au plus près du chantier. Brassez-le à l'engin au moins 3 fois, puis bâchez le tas. Le transport sépare les pierres de la terre.
    4. Mettez en place par couches de 30 cm environ à la pelle, sans verser le mélange directement depuis la benne dans la fosse. Rebrassez si des nids de pierres sans terre apparaissent.
    5. Serrez chaque couche juste assez pour bloquer les pierres entre elles. Le serrage doit rester modéré : la terre logée dans les vides ne doit pas être compactée.
    6. Réservez la poche de plantation : à l'ouverture du trou, Montpellier remplace 3 m³ de mélange par de la terre végétale autour de la motte.
    7. Plantez sans jamais enterrer le collet, formez une cuvette d'arrosage de 20 cm de haut et arrosez lentement avec 50 à 100 L selon la taille de l'arbre.
    8. Refermez avec un revêtement perméable pour que l'eau et l'air atteignent le sol.

    Un point divise les cahiers des charges : l'engin de serrage. Montpellier prévoit une plaque vibrante par couches de 30 à 40 cm. Lausanne impose un compactage sans vibration par couches de 30 cm. Angers classe un serrage trop fort au vibrant parmi les malfaçons. Appliquez le CCTP de votre marché et faites valider une planche d'essai avant de traiter toutes les fosses.

    Conseil de l'expert

    À la réception des pierres, versez quelques gouttes d'acide chlorhydrique dilué sur plusieurs échantillons, en présence du maître d'ouvrage. Si la pierre mousse, elle contient du calcaire actif : Angers la refuse. Exigez aussi la fiche technique de la carrière avant la première livraison. Ce contrôle de deux minutes évite de vider une fosse déjà remplie.

    Les erreurs à éviter

    1. Mélanger en centrale puis transporter loin. Le mélange se sépare dans la benne : les pierres d'un côté, la terre de l'autre. Règle : livrez les pierres et la terre séparément, puis mélangez sur une plateforme proche des fosses.

    2. Travailler la terre sous la pluie. Une terre détrempée se colle aux pierres, se compacte au serrage et perd sa porosité. Lausanne interdit la mise en œuvre par temps de pluie ou quand la terre dépasse 35 % d'humidité. Règle : bâchez les stocks et suspendez le remplissage en cas d'intempérie.

    3. Sous-dimensionner la fosse pour gagner du temps. Une fosse de 12 m³ en terre-pierre n'offre pas 12 m³ de terre : les pierres en occupent la plus grande partie. Règle : appliquez le coefficient de 1,5 à 2 de Bordeaux Métropole et préférez la fosse continue dès que les réseaux le permettent.

    Calculer les quantités : pierres, terre et camions

    Prenons une rue où l'on plante 4 arbres de grand développement sous trottoir, en fosses individuelles de 3,40 × 3,40 × 1,30 m : 15 m³ par fosse, bas de la fourchette de Bordeaux Métropole et au-dessus des 12 m³ de Montpellier.

    Déblais

    Volume d'une fosse : 3,40 × 3,40 × 1,30 = 15,0 m³. Pour 4 fosses : 4 × 15,0 = 60 m³ en place. Avec un foisonnement de 25 à 30 %, cela donne 75 à 78 m³ à évacuer. Retenons 1,8 t/m³ en place, hypothèse courante pour une terre ordinaire (la densité de votre sol figure dans l'étude géotechnique ; voir aussi le poids d'1 m³ de terre) : 60 × 1,8 = 108 t. En 8x4 de 17 t de charge utile : 108 ÷ 17 = 6,4, soit 7 rotations. Un 8x4 chargé à 17 t emporte au plus 9,4 m³ en place (17 ÷ 1,8), soit 12 m³ foisonnés environ : la benne de 14 à 18 m³ suffit.

    Pierres et terre végétale

    Dans chaque fosse, 3 m³ forment la poche de terre végétale autour de la motte. Il reste 12 m³ de mélange par fosse, soit 48 m³ pour les 4. La terre se loge dans les vides des pierres : retenons comme hypothèse un volume de pierres en vrac égal au volume de mélange et un volume de terre égal à la moitié (rapport de 2 pour 1). La planche d'essai fixe le dosage réel.

    • Pierres : 48 m³ × 1,5 t/m³ (hypothèse pour un concassé 40/90 en vrac ; la valeur exacte figure sur la fiche de la carrière) = 72 t. 72 ÷ 17 = 4,2, soit 5 livraisons en 8x4.
    • Terre végétale : 24 m³ pour le mélange plus 4 × 3 = 12 m³ pour les poches, soit 36 m³. À 1,3 t/m³ en vrac (hypothèse pour une terre végétale sèche ; une terre humide pèse davantage) : 36 × 1,3 = 46,8 t. 46,8 ÷ 17 = 2,8, soit 3 livraisons.

    Bilan : 8 livraisons et 7 évacuations. Si la rue n'accepte qu'un 6x4 de 13 t de charge utile, les pierres demandent 72 ÷ 13 = 5,5, soit 6 livraisons. Vérifiez l'accès avant de commander : en centre-ville, le gabarit des camions décide souvent.

    Ces 15 mouvements de camions se planifient. Koncrete livre les pierres concassées et la terre végétale criblée séparément, puis le même camion peut repartir avec les déblais des fosses : c'est le double flux, qui supprime des trajets à vide dans une rue où chaque stationnement compte. Les terres sont évacuées vers la filière adaptée à leur qualité, avec la traçabilité réglementaire.

    À retenir

    • Visez au moins 12 m³ par grand arbre et multipliez par 1,5 à 2 en terre-pierre, sans dépasser 1,50 m de profondeur.
    • Dosez environ 2 volumes de pierres anguleuses sans calcaire actif pour 1 volume de terre végétale, mélangez près du chantier et mettez en place par couches de 30 cm.
    • Calculez ensemble déblais, pierres et terre pour regrouper livraisons et évacuations.

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    Pour aller plus loin

    Sources

    • Bordeaux Métropole, Protocole pour la cohabitation des arbres et des réseaux, cahier des prescriptions techniques, annexe 3 des actes du conseil du 5 décembre 2025 (bordeaux-metropole.fr).
    • Ville de Montpellier, fiches « La plantation de l'arbre en phase travaux » : fosse individuelle, fosse continue, mélange terre-pierre, plantation de l'arbre, distances suivant l'espace souterrain (fosse individuelle, fosse continue, mélange terre-pierre).
    • Ville d'Angers, Direction Parcs, Jardins et Paysages, cahier « Les substrats » (cpu.angers.fr).
    • Ville de Lausanne, Service des parcs et domaines, plan n° 1164 « Fosse de plantation en mélange terre-pierre, coupe type », 15 août 2024 (lausanne.ch).
    • Ville de Genève, webinaire « Aménagement de la rue des Rois », 20 octobre 2022 (ge.ch).
    • Plante & Cité, Synthèse thématique « Sols de la CIL », mars 2013 (urbasol.institut-agro-rennes-angers.fr).
    • AFNOR, NF P98-332, Règles de distance entre les réseaux enterrés et règles de voisinage entre les réseaux et les végétaux, février 2005.
    • Projet Recycling-urb (HEIG-VD, hepia, HEIA-FR, Ville d'Yverdon-les-Bains), fiche du 9 février 2016 (hepia.hesge.ch).
    • Agrocampus Ouest, unité EPHor, « La construction de sols végétalisés à partir de déchets » (P. Cannavo, L. Vidal-Beaudet) (ciag.hub.inrae.fr).
    • Code civil, article 671, présenté par la fiche « Plantation » du conseil départemental de l'accès au droit de la Savoie (justice.fr).
    • Réponse ministérielle n° 16788, JOAN du 8 janvier 1990, p. 137 (questions.assemblee-nationale.fr).

    Questions fréquentes.

    Les réponses de notre équipe sur ce sujet. Une autre question ? On connaît le terrain.

    Parler à un expert

    Peut-on planter à moins de 1,50 m d'un réseau enterré ?

    Le cahier de Bordeaux Métropole n'admet aucune dérogation sous 1 m entre le tronc et le réseau. Entre 1 et 1,50 m, une dérogation à la NF P98-332 reste possible avec une protection : film anti-racines en polypropylène pour les réseaux humides ou protection mécanique. Le même document proscrit la plantation au-dessus d'un réseau couvert par moins de 70 cm de terre.

    La fosse se remplit d'eau dès l'ouverture : que faire ?

    Le fond ne draine pas et les racines risquent l'asphyxie. Les fiches de Montpellier prévoient dans ce cas d'approfondir la fosse et de poser en fond une couche drainante de 50 cm de ballast 40/60 en calcaire non actif. Faites constater la venue d'eau par le maître d'œuvre avant de modifier la coupe.

    Peut-on remplacer les pierres naturelles par des matériaux recyclés ?

    Des essais l'ont fait : le projet Recycling-urb, mené à Yverdon-les-Bains (fiche de février 2016), a comparé des mélanges de 1/3 de terre végétale et 2/3 de béton recyclé ou de briques de terre cuite concassés 32/60. Agrocampus Ouest a aussi suivi des mélanges à base de brique, de ballast usagé ou de déchets de bâtiment. Ces solutions restent expérimentales : faites valider le matériau et sa fiche par le maître d'œuvre.

    Quand planter l'arbre une fois la fosse remplie ?

    Montpellier plante pendant le repos végétatif, de mi-novembre à fin février hors période de gel. Elle repousse à mars certaines essences comme l'olivier ou le melia. Posez le tuteurage au moment où l'arbre est mis en place, jamais après, comme le demandent les mêmes fiches.

    Quelle distance respecter avec une propriété voisine ?

    Tout dépend de qui plante et où. Sur une parcelle privée, l'article 671 du Code civil impose 2 m de la limite pour un arbre de plus de 2 m de haut et 50 cm pour une plantation plus basse, distance mesurée depuis le milieu du tronc, sauf règlement local ou usage reconnu. Sur le domaine public routier, le Code civil ne s'applique pas : la collectivité qui plante sur son trottoir n'a pas de distance légale à respecter vis-à-vis des propriétés voisines (réponse ministérielle n° 16788, JOAN du 8 janvier 1990). Le maître d'ouvrage fixe alors l'implantation en tenant compte des façades et des réseaux.

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