20/40 ou 40/80, lavé ou concassé : guide pour choisir les cailloux drainants de vos bassins de rétention et infiltration.
Choisir les bons cailloux drainants pour un bassin de rétention ou d'infiltration est un enjeu technique que beaucoup de chantiers sous-estiment. Pourtant, c'est la nature et la granulométrie du matériau de remplissage qui déterminent la capacité de stockage réelle de l'ouvrage, son débit de vidange et sa durabilité dans le temps. Un mauvais choix de caillou (trop fin, trop sale ou mal calibré) et le bassin colmate en quelques années, perdant son rôle de tampon hydraulique.
Que vous travailliez sur un lotissement, un parking ou une zone d'activité, cet article détaille les critères de sélection des cailloux drainants adaptés aux bassins de gestion des eaux pluviales, avec les granulométries recommandées et les pièges à éviter.
Un bassin de rétention stocke temporairement les eaux pluviales et les restitue à débit régulé vers un exutoire (réseau, fossé, cours d'eau). Un bassin d'infiltration laisse l'eau percoler directement dans le sol en place pour recharger la nappe. Dans les deux cas, le matériau de remplissage joue le même rôle : créer un volume de vides suffisant pour stocker l'eau entre les grains, tout en assurant une circulation hydraulique efficace.
La différence se joue à la base : le bassin de rétention est souvent doté d'un fond imperméable (géomembrane) et d'un orifice de régulation calibré, tandis que le bassin d'infiltration repose directement sur un sol perméable. Cette distinction impacte le choix du granulat : en infiltration, la propreté du caillou est encore plus critique pour éviter le colmatage de l'interface sol/granulat.

Le caillou concassé lavé en 20/40 mm est le matériau le plus prescrit pour les bassins d'infiltration et de rétention. Sa porosité effective tourne autour de 35 à 40 %, ce qui signifie qu'un mètre cube de caillou peut stocker 350 à 400 litres d'eau. Sa granulométrie uniforme garantit une perméabilité élevée (de l'ordre de 10⁻² m/s) tout en restant suffisamment stable pour supporter les charges de couverture.
Le calibre 40/80 est privilégié pour les ouvrages de grande capacité ou enterrés sous voirie. Ses vides plus importants augmentent le volume utile de stockage par mètre cube, et sa résistance mécanique supérieure supporte mieux les charges de trafic. En revanche, les matériaux de cette taille nécessitent un géotextile de séparation renforcé pour éviter la migration du sol fin dans les vides.
Le choix entre les différents calibres dépend de la profondeur de l'ouvrage, de la charge de couverture et du débit de dimensionnement. Voici un comparatif des principales options disponibles sur le marché.
Le 20/40 concassé lavé offre le meilleur compromis entre capacité de stockage, facilité de mise en œuvre et coût. Le 40/80 prend le relais dès que l'ouvrage supporte des charges de circulation ou nécessite un volume de stockage maximal.
Pour un bassin d'infiltration, le pourcentage de particules fines (passant à 80 µm) ne doit pas dépasser 1 à 3 %. Au-delà, elles migrent vers le fond de l'ouvrage et créent un film imperméable qui colmate progressivement le bassin. C'est la première cause de dysfonctionnement des ouvrages de gestion des eaux pluviales à moyen terme. Exigez un caillou lavé et vérifiez le certificat d'analyse à chaque livraison.
Un caillou concassé présente des faces anguleuses qui s'imbriquent et résistent au tassement, même sous charge. C'est un avantage décisif pour les bassins enterrés sous parking ou sous voirie. Les essais Los Angeles (LA < 25) et Micro-Deval (MDE < 20) garantissent que le matériau ne se dégradera pas sous l'effet des contraintes mécaniques et de l'érosion hydraulique.

Les cailloux utilisés en assainissement et gestion des eaux pluviales doivent répondre à la norme NF P 18-545 qui encadre les caractéristiques des granulats. Selon le contexte réglementaire local, le bureau d'études peut imposer des spécifications complémentaires : essai de lixiviation pour les matériaux recyclés, test de non-gélivité pour les régions froides ou essai de perméabilité in situ après mise en œuvre.
Avant toute chose, le fond du bassin doit être réglé et compacté légèrement pour stabiliser le terrain naturel sans créer de surface imperméable. Dans le cas d'un bassin d'infiltration, un test de percolation préalable (essai Porchet ou essai à charge variable) confirme que le sol en place peut absorber le débit attendu. Si la perméabilité mesurée est inférieure à 10⁻⁵ m/s, l'infiltration pure n'est pas viable et il faut envisager un ouvrage mixte (rétention + infiltration partielle).
Le géotextile de séparation se pose sur l'ensemble du fond et des parois, avec des recouvrements de 30 cm minimum entre lés. Sa fonction : empêcher la migration des fines du terrain naturel dans le caillou, qui est la principale cause de colmatage prématuré. Le remplissage s'effectue par couches de 30 à 50 cm, avec un compactage léger (2 à 3 passes de plaque vibrante) pour stabiliser sans écraser la porosité du matériau.
Un piège fréquent : utiliser un tout-venant au lieu d'un caillou mono-granulaire lavé. Le tout-venant contient des fines qui comblent les vides et réduisent drastiquement la capacité de stockage et la perméabilité. Pour un bassin, c'est un caillou propre, lavé, calibré, ou rien.

Le volume utile de stockage d'un bassin rempli de cailloux dépend directement de la porosité effective du matériau. La formule est simple : Volume utile = Volume total × Porosité. Avec un caillou 20/40 à 38 % de porosité, un bassin de 100 m³ de caillou offre 38 m³ de stockage d'eau. Pour atteindre un volume réglementaire de 50 m³ d'eau, il faut donc prévoir environ 132 m³ de caillou en place. C'est un calcul que beaucoup de maîtres d'ouvrage oublient, ce qui conduit à des bassins sous-dimensionnés.
Le choix des cailloux drainants pour un bassin de rétention ou d'infiltration repose sur trois piliers : une granulométrie adaptée (20/40 en standard, 40/80 sous voirie), une propreté irréprochable (fines < 3 %) et une mise en œuvre soignée avec géotextile de séparation. Le volume de caillou à commander doit toujours être calculé en tenant compte de la porosité réelle du matériau, majoré de 10 à 15 % pour absorber les pertes de mise en œuvre. Pour sourcer le bon caillou drainant au meilleur prix sur votre secteur, rendez-vous sur Koncrete.
