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Équivalent de sable et valeur au bleu (VBS) : à quoi ça sert

Équivalent de sable et valeur au bleu (VBS) : ce que mesurent ces essais, comment lire les seuils et décider du réemploi d'un sol.

13 min de lectureMis à jour le
05/11/2026
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Équivalent de sable et valeur au bleu (VBS) : à quoi ça sert

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Équivalent de sable et valeur au bleu (VBS) : à quoi ça sert
Sommaire 0 parties

    L'équivalent de sable (ES) mesure la propreté d'un sable : la part de sable par rapport aux fines argileuses. La valeur au bleu (VBS) mesure la quantité et l'activité de l'argile d'un sol. Le premier sert à accepter un sable, le second à classer un sol avant son réemploi.

    Ces deux chiffres paraissent abstraits sur un rapport de laboratoire. Sur le terrain, ils décident pourtant de choses très concrètes : un sable trop argileux dans un béton favorise le retrait et la fissuration. Un limon sensible à l'eau remis en remblai sans précaution devient une plateforme qui orniérise à la première pluie. Il faut alors purger, évacuer, racheter un matériau d'apport et refaire passer les camions. Savoir lire l'ES et la VBS, c'est repérer ce risque avant d'ouvrir la fouille ou de passer commande.

    À quoi sert l'équivalent de sable ?

    L'équivalent de sable répond à une seule question : ce sable est-il propre ? Un sable contient toujours des fines, c'est-à-dire des grains très petits. Certaines sont inoffensives (poussière de roche). D'autres sont argileuses : elles absorbent l'eau, gênent l'adhérence du ciment et modifient le comportement du mélange. L'ES fait la différence entre les deux familles.

    Le principe de l'essai

    Le laboratoire prélève la fraction 0/2 mm du sable, c'est la méthode de référence de la norme NF EN 933-8 (édition 2012, amendée en 2015). Il la verse dans une éprouvette graduée remplie d'une solution lavante à base de chlorure de calcium, de glycérine et de formaldéhyde. Après 10 minutes d'imbibition, l'éprouvette est agitée : 90 allers-retours en 30 secondes. On lave ensuite le sable avec la même solution puis on laisse reposer 20 minutes.

    Les fines argileuses restent en suspension et forment un floculat au-dessus du sable. Le laborantin lit la hauteur totale (sable plus floculat), puis la hauteur du sable seul, mesurée avec un piston taré plus précis que la lecture à l'œil. L'équivalent de sable vaut 100 fois la hauteur du sable divisée par la hauteur totale.

    Ce que vous lisez sur une fiche technique

    Sur la fiche technique produit d'un sable, la qualité des fines apparaît sous la forme d'un SE(10) ou d'une valeur MB. Les recommandations de l'AFGC pour bien prescrire les bétons rappellent que ces valeurs doivent s'appuyer sur des résultats de production récents. La norme NF P18-545, révisée en octobre 2021, fixe les seuils à respecter selon l'usage : chaussées, bétons hydrauliques, mortiers. Ce n'est donc pas un chiffre isolé qui compte, c'est sa comparaison avec la valeur exigée pour votre ouvrage.

    Comme repères courants en laboratoire, un ES inférieur à 60 signale un sable argileux, à écarter pour un béton de qualité. Entre 60 et 70, le sable est légèrement argileux mais d'une propreté admissible. Entre 70 et 80, il est propre. Au-delà de 80, il est très propre mais peut manquer de plasticité dans un mortier ou un béton.

    Une MB en g/kg sur un sable et une VBS en g/100 g sur un sol ne se comparent pas : ni la fraction testée ni l'unité ne sont les mêmes.

    À quoi sert la valeur au bleu (VBS) ?

    La valeur au bleu de méthylène d'un sol, notée VBS, mesure la capacité de ses fines à fixer un colorant. Plus l'argile est abondante et active, plus le sol absorbe de bleu. C'est l'indicateur central des terrassiers pour savoir si un sol craint l'eau.

    Deux essais au bleu à ne pas confondre

    Pour les sols et les roches de terrassement, l'essai suit la norme NF EN 17542-3, publiée par l'AFNOR en 2022. L'ancienne norme française NF P94-068 (1998) est indiquée comme annulée par l'AFNOR. La prise d'essai est préparée sur la fraction 0/5 mm puis le résultat est ramené à la fraction 0/50 mm du sol. Il s'exprime en grammes de bleu pour 100 g de sol.

    Pour les granulats, on parle de valeur MB, mesurée selon la NF EN 933-9 sur la fraction 0/2 mm et exprimée en grammes de bleu par kilogramme. La norme NF EN 17542-3 précise elle-même que les deux résultats ne se comparent pas en général : la fraction testée n'est pas la même.

    Les seuils qui classent un sol

    La classification des sols pour les remblais et les couches de forme repose sur la granularité et sur la VBS. Le tableau reprend les seuils et les classes de la norme NF P11-300 de 1992, base du guide des terrassements routiers (GTR) de l'époque et des rapports géotechniques établis avant sa révision. Pour les sols très fins, l'indice de plasticité devient le critère à privilégier dès qu'il dépasse 12.

    VBS (g/100 g)Type de solClasse NF P11-300 de 1992Comportement à l'eauRéemploi en remblai
    0,1 au plus, fines jusqu'à 12 %Sable ou grave propreDInsensibleAdapté réemploi courant
    0,1 à 0,2, fines jusqu'à 12 %Sable ou grave silteuxB1, B3Peu sensibleAdapté réemploi courant selon l'état hydrique
    Plus de 0,2, fines jusqu'à 12 %Sable ou grave peu argileuxB2, B4SensibleSelon le sol décision selon l'état hydrique
    Moins de 1,5, fines de 12 à 35 %Sable ou grave très silteuxB5SensibleSelon le sol décision selon l'état hydrique
    Plus de 1,5, fines de 12 à 35 %Sable ou grave argileuxB6Très sensibleExigeant conditions météo et compactage à cadrer
    2,5 au plus, fines au-delà de 35 %Limon peu plastique, sable finA1Change d'état très viteExigeant chantier par temps sec ou traitement
    2,5 à 6Limon, argile peu plastiqueA2Sensible, gonfle et se ramollitExigeant traitement souvent étudié
    6 à 8Argile, limon très plastiqueA3Très sensible, difficile à compacterDéconseillé sans étude géotechnique
    Plus de 8Argile très plastiqueA4Très sensibleDéconseillé seuils fixés par une étude spécifique

    Une précision importante : la NF P11-300 de 1992 est annulée. Elle est remplacée depuis janvier 2025 par une nouvelle NF P11-300, qui complète la norme européenne NF EN 16907-2. Le nouveau GTR, publié par l'IDRRIM et le Cerema, mesure les fines à 63 µm au lieu de 80 µm et renomme les classes (F pour les sols fins, I pour les sols intermédiaires, S et G pour les sables et graves). Les classes ont changé de sens et les fines ne se mesurent plus au même tamis : ne traduisez pas une classe d'un système à l'autre, faites reclasser le sol par le géotechnicien à partir des résultats d'essais.

    Comment se déroulent les essais et comment lire les résultats

    Faire réaliser les essais

    1. Prélevez des échantillons représentatifs de chaque horizon de sol ou de chaque lot de sable, sans les mélanger.
    2. Envoyez-les à un laboratoire de géotechnique ou de granulats en précisant l'usage visé : remblai, couche de forme, béton, lit de pose.
    3. Pour un sol, demandez l'identification complète : granulométrie, VBS, teneur en eau et, si le sol est fin, limites d'Atterberg.
    4. Pour un sable du commerce, demandez la fiche technique produit plutôt qu'un nouvel essai : elle donne déjà le SE ou la MB garantis.
    5. Comparez chaque résultat au seuil exigé par la norme d'usage ou par le cahier des charges du marché, pas à une valeur entendue sur un autre chantier.

    Lire une VBS : exemple chiffré

    L'essai consiste à verser par doses une solution de bleu à 10 g/l dans le sol mis en suspension dans l'eau. Après chaque dose, le laborantin dépose une goutte sur un papier filtre. Tant que la tache reste nette, l'argile fixe tout le bleu. Quand une auréole bleu clair apparaît autour de la tache, l'argile est saturée : l'essai s'arrête.

    La formule est VBS = B ÷ m0 × C × 100, où B est la masse de bleu versée, m0 la masse sèche de la prise d'essai et C la proportion de la fraction 0/5 mm dans le sol 0/50 mm. Exemple : 75 ml de solution à 10 g/l, soit B = 0,75 g de bleu, pour m0 = 100 g. La fraction 0/5 mm représente 60 % du sol, donc C = 0,6. On obtient 0,75 ÷ 100 × 0,6 × 100 = 0,45 g/100 g. Avec moins de 35 % de fines, ce sol est un B2, B4 ou B5 selon sa teneur en fines : sensible à l'eau, réutilisable selon son état hydrique.

    Lire un équivalent de sable : exemple chiffré

    Après le repos de 20 minutes, la hauteur totale lue est de 12,5 cm et la hauteur de sable au piston de 9,0 cm. ES = 9,0 ÷ 12,5 × 100 = 72. Selon les repères courants, ce sable est propre. Pour un béton, la décision revient à la valeur fixée par la NF P18-545 pour la catégorie de béton prescrite.

    Conseil de l'expert

    Demandez toujours la teneur en eau du sol en même temps que la VBS. La classe dit si le sol craint l'eau, l'état hydrique dit s'il est trop humide aujourd'hui. Le GTR croise les deux pour fixer les conditions de réemploi et de compactage. Un même limon peut être réutilisable par temps sec et inutilisable après un épisode pluvieux.

    Les erreurs à éviter

    1. Comparer une MB de sable à une VBS de sol. Une MB de 1,5 sur une fiche de sable est exprimée en g/kg sur la fraction 0/2 mm. Une VBS de 1,5 sur un rapport de sol est exprimée en g/100 g sur la fraction 0/50 mm. Règle : vérifiez l'unité et la norme avant de conclure.

    2. Juger un sol sur la VBS seule. La même VBS ne donne pas la même classe selon la proportion de fines : 1,2 classe un sable silteux en B, mais un limon très fin en A1. Règle : lisez toujours la VBS avec la granulométrie et la teneur en eau.

    3. Réutiliser un ancien rapport sans le relire. Un rapport établi selon l'ancienne NF P11-300 de 1992 parle de classes A, B, C, D. Le nouveau GTR (2023) et la NF P11-300 de janvier 2025 utilisent d'autres lettres et un autre tamis pour les fines. Règle : faites reclasser le sol par le géotechnicien à partir des résultats bruts, jamais par simple correspondance de lettres.

    Du résultat au chantier : calculer les tonnages et les camions

    Quand la VBS révèle un sol trop argileux pour être réutilisé, le géotechnicien choisit entre deux voies : un traitement du sol en place (chaux, liant hydraulique) ou une purge, c'est-à-dire l'évacuation du sol remplacé par un matériau d'apport. Dans le second cas, l'essai de laboratoire se traduit directement en tonnes et en rotations.

    La méthode

    • Volume purgé en place = surface × épaisseur de purge.
    • Masse à évacuer = volume en place × masse volumique en place du sol.
    • Volume dans les bennes = volume en place × (1 + foisonnement), le foisonnement de la terre étant de 25 à 30 %.
    • Masse d'apport = volume à reconstituer × densité du matériau compacté.

    Exemple : plateforme de 750 m² sur un limon de classe A2

    Le rapport donne une VBS de 3,2 sur un sol à plus de 35 % de fines : c'est un limon de classe A2. Le bureau d'études prescrit une purge de 40 cm. Volume purgé : 750 × 0,40 = 300 m³ en place. Retenons une masse volumique en place de 1,8 t/m³, valeur courante pour ce calcul ; la vôtre figure dans l'étude géotechnique. Masse à évacuer : 300 × 1,8 = 540 t. Une fois foisonnés, ces déblais occupent 300 × 1,25 = 375 m³ à 300 × 1,30 = 390 m³.

    En camion 8x4 (PTAC 32 t, environ 17 t de charge utile, benne de 14 à 18 m³), 540 ÷ 17 = 31,8, soit 32 rotations. Chaque chargement de 17 t occupe environ 12 m³ foisonnés, ce qui tient dans la benne. Pour reconstituer la plateforme en GNT 0/31,5, dont la densité compactée est de 2,0 à 2,2 t/m³, il faut 300 × 2,0 = 600 t à 300 × 2,2 = 660 t. En 8x4, cela représente 600 ÷ 17 = 35,3 à 660 ÷ 17 = 38,8, soit 36 à 39 livraisons.

    Le chantier voit donc passer près de 70 rotations si livraisons et évacuations sont organisées séparément. Koncrete livre la GNT et évacue les déblais avec les mêmes camions en double flux : les 32 évacuations peuvent se faire au retour des livraisons, vers l'ISDI si les analyses classent la terre comme inerte (voir la classification K1, K2, K3), avec la traçabilité réglementaire.

    À retenir

    • Utilisez l'équivalent de sable pour accepter un sable et la VBS pour classer un sol : ils ne répondent pas à la même question.
    • Lisez une VBS avec la granulométrie et la teneur en eau, puis faites décider le réemploi par le géotechnicien.
    • Avant de comparer deux valeurs au bleu, contrôlez l'unité (g/kg ou g/100 g) et la norme de l'essai.

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    Pour aller plus loin

    Sources

    Questions fréquentes.

    Les réponses de notre équipe sur ce sujet. Une autre question ? On connaît le terrain.

    Parler à un expert

    Mon rapport de sol date de 2019 et parle de classe A2 : est-il encore utilisable ?

    Les résultats d'essais restent valables si le sol n'a pas changé, mais la classe doit être relue. Dans l'ancien GTR, la lettre F désignait les sols organiques et sous-produits industriels ; dans le nouveau, elle désigne les sols fins, anciennement classe A. Faites requalifier le sol par le géotechnicien à partir de la granulométrie et de la VBS, sans transposer les lettres.

    La VBS dit-elle quelle argile contient mon sol ?

    Pas directement, mais elle permet de l'approcher. En divisant la VBS par la proportion d'éléments de moins de 2 µm, le laboratoire calcule l'activité de l'argile : plus ce rapport est élevé, plus l'argile est active. Une argile très active gonfle et se rétracte davantage avec l'eau. Le géotechnicien interprète ce résultat avec les limites d'Atterberg.

    Puis-je faire l'équivalent de sable sur un sable 0/4 ?

    Oui. La méthode de référence de la NF EN 933-8 porte sur la fraction 0/2 mm, mais son annexe A prévoit l'essai sur la fraction 0/4 mm. Le rapport d'essai doit alors indiquer la fraction testée, car les deux résultats ne sont pas interchangeables.

    Deux laboratoires me donnent 58 et 62 d'ES sur le même sable : lequel croire ?

    Probablement les deux. À titre d'ordre de grandeur, le référentiel d'agrément des granulats de Nouvelle-Calédonie (2023) retient une incertitude d'essai de 5 points sur un SE(10). Un écart de 4 points reste dans cette marge : refaites un prélèvement plutôt que de choisir le résultat qui vous arrange.

    Ma fiche technique de sable date de deux ans : puis-je m'y fier ?

    Méfiez-vous. Les recommandations de l'AFGC demandent que les valeurs de la fiche technique produit, dont la qualité des fines, s'appuient sur des résultats de moins de six mois de production. Demandez à votre fournisseur la fiche en cours de validité.

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