
DIB 2025 : définition, tri obligatoire, valorisation, réglementation et bonnes pratiques BTP pour une gestion conforme et économique

Les Déchets Industriels Banals (DIB), également appelés Déchets des Activités Économiques (DAE), regroupent l'ensemble des déchets non dangereux et non inertes produits par les entreprises, artisans, commerçants, prestataires de services et collectivités lors de leurs activités professionnelles quotidiennes. Selon l'article R541-8 du Code de l'environnement, un déchet non dangereux est défini comme tout déchet dépourvu des propriétés qui le rendraient dangereux. Ces déchets englobent une grande variété de matériaux, tels que les emballages en cartons, papiers et plastiques, le bois traité ou brut comme les palettes et chutes de charpente, les métaux ferreux et non ferreux tels que ferrailles, aluminium et cuivre, les plastiques divers issus de canalisations ou bidons, le plâtre et produits de construction comme les faux plafonds, le papier de bureau, les pneus usagés, ainsi que les produits mélangés de réhabilitations ou démolitions.
La gestion des DIB est strictement encadrée en France par des textes législatifs clés, dont les articles L541-1 et suivants du Code de l'environnement, la Loi de Transition Énergétique de 2015, le décret n°2016-288 du 10 mars 2016 dit « 5 flux », et la Loi Anti-gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) de 2020. Ces obligations imposent un tri obligatoire de cinq flux principaux : papier et carton, métaux ferreux, bois brut non traité, plastiques et verre. Le non-respect entraîne des sanctions sévères, telles que des amendes administratives jusqu'à 75 000 €, pouvant grimper à 150 000 € après mise en demeure avec astreintes journalières, et des poursuites pénales en cas de négligence grave.
Les DIB offrent de multiples filières de valorisation adaptées à leurs composants : les métaux ferreux et non ferreux sont refondus pour produire de nouveaux objets, le papier et carton recyclés en matières premières ou valorisés énergétiquement, le bois brut transformé en panneaux ou pâte à papier ou utilisé comme combustible, les plastiques intégrés dans des produits finis ou recyclés chimiquement, le plâtre réemployé si sa pureté atteint 95% ou plus, les pneus usagés convertis en caoutchouc ou rechapés, et les refus de tri transformés en CSR (Combustible Solide de Récupération) pour une valorisation énergétique. La loi fixe des objectifs ambitieux, comme un taux de valorisation matière de 65% pour les déchets non dangereux et une réduction de 50% des mises en décharge.

Dans le secteur du BTP, les chantiers produisent d'importantes quantités de DIB, dont 50% restent en mélange non trié, limitant ainsi leur valorisation. Pour y remédier, les bonnes pratiques incluent la réutilisation sur site, l'interdiction des pratiques non conformes, la prévention des contaminations par déchets dangereux, l'installation de contenants dédiés par flux, la formation du personnel et la distinction claire des matériaux valorisables.
Le traitement des DIB mélangés commence à partir de 138 € HT par tonne, avec des variations selon la région, la distance, la composition et les services additionnels.
Le processus débute par la caractérisation des déchets, suivie du tri et ségrégation, du stockage temporaire, de l'enlèvement par un prestataire agréé, de la documentation pour traçabilité, et se termine par le traitement final. Les documents obligatoires comprennent la DNDRD (Déclaration Annuelle de Déchets Non Dangereux), le registre de traçabilité, les justificatifs d'enlèvement et les attestations de traitement.
Le secteur des DIB mobilise 1 600 entreprises spécialisées, générant 112 100 emplois directs et 19,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, tout en réduisant l'extraction de matières premières, les impacts climatiques, la pollution et en favorisant l'économie circulaire. Les innovations comme la robotisation des centres de tri, l'intelligence artificielle pour reconnaître les flux, le big data pour optimiser les opérations et le CSR renforcent cette dynamique.
Quelle est la différence entre DIB et déchets inertes ? Les DIB se dégradent biologiquement ou chimiquement, contrairement aux déchets inertes comme le béton qui ne subissent aucune transformation.
Pourquoi le tri des DIB est-il obligatoire ? Il vise à booster les taux de valorisation matière, diminuer les décharges et promouvoir l'économie circulaire.
Quels sont les risques de non-conformité ? Amendes jusqu'à 150 000 €, astreintes journalières, sanctions pénales, dommages à la réputation et responsabilité civile.
Comment réduire la production de DIB dans une entreprise ? Par la prévention à la source, la réutilisation interne, l'optimisation des emballages, la formation et les partenariats de réemploi.
Quel est le coût typique de traitement des DIB ? À partir de 138 € HT par tonne pour les mélanges non dangereux, variant selon région et prestations.
La gestion des DIB représente un enjeu stratégique pour les entreprises françaises, alliant conformité réglementaire, efficacité économique et performance environnementale. Respecter les obligations de tri, valorisation et traçabilité est essentiel pour soutenir la transition vers l'économie circulaire